Rénovation immeuble de 40 logements à Meyrin - Immeuble d’habitation faisant l’objet d’un plan de site

Situation

Meyrin - Genève

Maître d'ouvrage

Mandat privé

Mandataires

B+S ingénieurs conseils SA

Partenaires

Construction Perret SA

Date

2018 - 2019

Programme

Rénovation des façades et des menuiseries, remplacement des garde-corps, installation de nouveaux stores bannes

Information

Patrimonial, Habitation

Publications

Rénovation enveloppe et 40 appartements - Av. de Vaudagne

Rénovation d'immeubles patrimoniaux - Rue des Bossons

XXème - Un siècle d’architectures à Genève

Rénovation d’un immeuble d’habitation

84-92, avenue de Vaudagne – Meyrin (GE)

 

La cité satellite de Meyrin au tout début des années 1960 ?

Des immeubles d’habitation flambant neufs séparés par de grandes pelouses, mais aussi –revers de la médaille– des transports publics rares, une absence flagrante d’équipements culturels ou sportifs et un centre commercial encore à l’état de projet. L’endroit se développe pourtant rapidement. En une génération à peine, la cité devient alors un lieu de vie agréable et dynamique, proposant toutes les commodités d’un centre urbain moderne. En 2007, elle gagne encore en attractivité lorsqu’une ligne de tram la relie directement à la gare de Cornavin.

 

Sorti de terre en 1964 et baptisé « Cité Ciel Bleu », l’ensemble imaginé par les architectes Georges Addor, Jacques Bolliger et Louis Payot se caractérise par sa radicalité inédite pour la Genève de l’époque. Une opération magistrale dont la rigueur formelle s’inscrit en cohérence avec l’expression voulue pour chacun des immeubles qui la composent : un prisme pur posé sur un rez-de-chaussée ouvert ; des façades cadrées dans une grille sévère, lisse et d’aspect presque laqué pour la partie « nuit », creuse et découpée pour la partie « jour » ; des murs pignons totalement aveugles et, bien sûr, une toiture plate. Reconnue pour ses exceptionnelles qualités urbaines et architecturales, la cité bénéficie depuis 2013 d’une mesure de protection patrimoniale.

 

Implanté en bordure extérieure de l’ensemble, le bâtiment concerné demande, un demi-siècle après sa réalisation, une importante mise aux normes. Une analyse pointue de sa structure et de son enveloppe témoigne des judicieuses options constructives d’origine et révèle un volume encore bien préservé. Très positif, ce constat permet de définir des méthodes d’intervention adaptées aux besoins et respectueuses de la substance historique. Il s’agira dès lors de privilégier le maintien des éléments anciens et, si la conservation apparaît inenvisageable, de reconduire les teintes et les matériaux sans dénaturer les détails caractéristiques.

 

Composée d’aluminium naturel et de verre émaillé, la façade Nord-Ouest a bien résisté aux assauts du temps. Un assainissement thermique opéré uniquement depuis l’intérieur (contrecœurs, vantaux avec verres isolants) et la mise en place d’un nouveau store vénitien derrière un verre simple permettent ainsi de conserver les éléments originaux, tout en préservant les surfaces planes et brillantes de l’époque. Des travaux plus conséquents sont en revanche entrepris sur la façade Sud-Est où la forte dégradation des menuiseries en exclue le maintien. Munis de verres performants, les nouveaux châssis reprennent alors exactement les proportions, les matériaux et la gamme chromatique d’origine. Un réflexe pertinent étendu au remplacement des garde-corps qui, devenus hors norme, ont été sécurisés sans altérer la vision frontale de l’immeuble.

 

À l’image encore du traitement de décarbonatation des bétons, des stores bannes installés dans les loggias, du calepinage restauré des murs pignons ou du rafraîchissement des rez-de-chaussée, les interventions font montre d’une remarquable compréhension de l’édifice. Discrètes et loin d’être exhaustives, celles-ci revalorisent un modernisme architectural trop souvent gâté par des choix inappropriés. Grâce à une excellente coordination entre architectes, spécialistes et services de l’Etat, le bâtiment accède enfin aux standards de confort du 21esiècle. Les locataires sont heureusement restés en place, tout comme le vocabulaire audacieux et subtil formulé il y a plus de cinquante ans par Georges Addor et ses acolytes.

 

 B.R octobre 2019

© photos Dyod.com & omarini micello architectes sa

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