Rénovation immeuble de 367 logements - Travaux en cours

Situation

2-16, rue des Bossons ; 1-7 rue des Grandes-Portes – Onex - Genève

Maître d'ouvrage

Mandat privé

Mandataires

B+S ingénieurs conseils SA

Partenaires

Construction Perret SA

Date

juin 2017

Information

Patrimonial, Habitation

Publication

Rénovation d’un immeuble d’habitation

2-16, rue des Bossons ; 1-7 rue des Grandes-Portes – Onex - Genève

 

C’est l’été 1960 et les autorités genevoises viennent de tracer le cadre légal qui verra émerger une des toutes premières cités satellites du canton. Situé sur les communes de Lancy et d’Onex, le plan directeur adopté par le Grand Conseil présente quarante-cinq immeubles disposés sur une trame orthogonale. Vers l’Ouest, se distingue un groupe de bâtiments singuliers fait de barres en « L » articulées autour d’un vaste parc public. Cet ensemble est le fruit d’une planification antérieure, conduite sous la houlette de l’architecte André Gaillard associé à Maurice Cailler et Dominique Reverdin. Clair et précis mais victime d’aléas conjoncturels et de l’évolution des tendances urbanistiques, ce projet de quartier résidentiel –comme d’ailleurs l’ensemble du plan directeur– va subir au fil des ans de nombreuses transformations. La cohérence première se dilue alors dans des remaniements douteux et un programme mal tenu.

 

 

Inauguré en 1962 et construit sur la base d’une méthode de préfabrication lourde, l’immeuble qui longe la route de Chancy dans un faux parallélisme est le seul de l’ensemble à être réalisé par le trio de concepteurs d’origine. Sa forme caractéristique, son implantation et l’expression de ses façades s’adaptent aux singularités du site, chaque appartement profitant d’orientations optimales sans subir les nuisances de la circulation ou la promiscuité des voisins. Il faut voir en effet que, avec l’ajout d’un niveau d’attique en 1988, chacune des douze entrées compte aujourd’hui une trentaine de logements, pour un total de 367 unités d’habitation. Plus de cinquante ans après sa réalisation mais sans révéler de dégradations physiques alarmantes, le bâtiment mérite une sérieuse rénovation ainsi qu’unemise aux normes. Soucieux de respecter pleinement les qualités architecturales initiales, le cadre d’intervention prend le parti de rester fidèle aux choix de Gaillard et de ses associés.

 

 

Le traitement du béton (piquage, lavage à haute pression, coffrage de reprofilage, etc.) constitue l’une des étapes essentielles du chantier. S’ajoute aussi la réfection thermique de la toiture et des terrasses, le changement intégral des menuiseries extérieures et l’installation de nouveaux systèmes d’obscurcissement. La mise en œuvre et les détails constructifs visent à revaloriser le vocabulaire d’origine, avec une horizontalité très marquée, elle-même soulignée par une intéressante composition de pleins et de vides que vient renforcer un subtil jeu chromatique. L’intérieur profite quant à lui d’un rafraîchissement général avec, notamment, le remplacement des vannes de radiateurs et le curage de toutes les gaines techniques.

 

 

Menée d’une main sûre en site occupé, cette rénovation lourde a su répondre aux directives et aux normes thermiques et légales du 21esiècle sans faire perdre à l’immeuble aucune de ses qualités plastiques. Profondément assaini, le bâtiment de Gaillard, Cailler et Reverdin redevient un des emblèmes majeurs de la cité nouvelle d’Onex et confirme sa place dans le cercle restreint des objets du patrimoine genevois contemporain.

 

Texte : B.R / Octobre 2018

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